Charloun Rieu paysan et poète
Charles Henri Rieu, Charloun, est né le 1er novembre 1846 au quartier Saint Roch de Paradou, petit village au cœur de la Vallée des Baux. Son père Henri est un petit propriétaire cultivateur, sa mère Jeanne Chrétienne Fournier mettra au monde 11 enfants entre 1846 et 1869 dont Charloun est l 'aîné. Six de ces enfants meurent avant d'avoir atteint l'âge de deux ans, et au recensement de 1861 un bébé d'un mois se trouve en nourrice chez les Rieu.
Son arrière grand père Pierre Rieu, né à Lagorce en Ardèche le 8 juin 1710, avait quitté le pays pour venir exercer son métier de maréchal à forge à Paradou où il avait épousé Jeanne Jauffret le 3 mai 1739
1739 203 E 217 AD13_203E_00085O 1739 Mariage Acte Le Paradou (Bouches-du-Rhône, France) Le Paradou (Bouches-du-Rhône, France)...
Après le décès de celle-ci il s'était remarié, le 19 novembre 1761, avec Marguerite Gautier qui est l'arrière grand mère de Charloun.
Enfant, Charloun fréquente l'école primaire où l'instituteur Chabaud lui apprend des rudiments de Latin et de Grec ; on dit qu'il pensait en faire un prêtre.
La vie est rude pour un petit paysan, fut il propriétaire et, pour vivre, Charloun dès l'âge de 15 ans va travailler au creusement du canal d'assèchement de la vallée des Baux (dans une zone marécageuse) puis il se place comme ouvrier agricole dans les mas et les moulins à huile alentour.
L' instruction reçue à l'école lui a donné le goût de la poésie ; il aime aussi son pays la Provence, sa langue le Provençal et, lors de ses moments de repos, il s'adonne à l'écriture. Il chante la terre, la vie paysanne, Frédéric Mistral préfacera le premier chant de ses trois recueils « Li cant dóu terraire « Les chants du terroir
Il écrit une comédie dramatique « Margarido dóu Destet « , publie des chroniques de la vie rurale dans le journal L'aïoli, traduit l'Odyssée en Provençal., compose des chansons dont la célèbre Mazurka souto li pin. Il fait connaître ses chants dans les mas où il travaille, dans les fêtes, il y acquiert une certaine renommée.
Frédéric Mistral l'introduit dans le Félibrige, école littéraire, académie, mouvement militant pour la survivance de la culture et de la langue provençales qu'il a fondée en 1854. Il en deviendra « Majoral « le 1er janvier 1910.
Il décède le 11 janvier 1924 après une mauvaise chute dans un escalier au mas d'Auge où il travaillait. Il est inhumé au cimetière de Paradou, sa tombe est à son image, ornée de représentations de la vie pastorale et rurale sculptées par René Iché et Férigoule d'Arles. Elle lui a été offerte par les Félibres et des admirateurs de son œuvre. Voici quelques années une souscription a été ouverte pour sa restauration car la pierre des Baux utilisée pour les sculptures est très sujette à l'érosion.
https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=13068_1
Charloun eut, dit on, quelques conquêtes dont la poétesse Bremoundo de Tarascoun mais ne s'est jamais marié.
Son amie Marie Mauron, lui a rendu un émouvant hommage dans son livre
« Charloun Rieu ou le solitaire enchanté «
Il était cousin au quatrième degré de l'autre figure du village de Paradou, l' abbé PAULET historien. Ils avaient en commun deux couples d'arrière-arrière-grands-parents :
Esprit ROUX et Jeanne GRIMALDIER d'une part,
Jean François PARIS et Marguerite SAUTEL d'autre part.
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https://provenceetmoi.canalblog.com/2026/03/louis-paulet-pretre-et-historien.html
Marie Louise BICAIS Marseille 17 mars 2020




